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BIENVENUE aux éditions CAROLINE DURAND

 

Entreprise en édition de littérature, Caroline Durand publie, propose des prestations de relecture, et vous présente son catalogue en ligne. À découvrir : romans, tranches de vie, récits, recueils de jeux de mots ou de nouvelles... Bonne visite!

 

Quelques extraits                                                                                                                                                                                                                                  

  

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"Le Dahu, on le savait, ça n’était pas encore le moment d’aller le chasser et il faudrait attendre le soir, à nuit tombée pour entreprendre l’expédition. La pluie ayant tout juste détrempé le sol, on avait fait valoir que les conditions se montraient décidément des plus favorables.

Sur la fin de l’après-midi, après que l’on se fût bien diverti au dehors, un petit groupe se vit constitué, lequel participerait à l’équipée du soir. Un conciliabule avait été tenu au cours duquel des recommandations furent adressées tout particulièrement à notre Rouvalet : « Dis bien à tes parents qu’tu rentrera’ assez tard et p’is qu’i’ s’inquièt’nt pas. On s’donn’ rendez-vous à la Butte aux alouettes et de là on ira tous ensemble là où on peut p’têtr’ le trouver l’Dahu ; p’têtr’ parc’ qu’avec lui, c’est jamais sûr… » L’on s’était séparés le temps du souper pour se regrouper ensuite au point convenu. Tous étaient là équipés d’un bâton, le principal organisateur portant, lui, un sac plié sous bras et une corde enroulée passée sur son épaule. Rouvalet ne portait rien, vu qu’on lui avait signifié qu’un poste de guet lui était réservé. Cela il voulait bien l’accepter, mais il était un détail qui vraisemblablement lui faisait défaut : Le Dahu ! Qu’est-ce que c’était donc cet animal et comment celui-ci se présentait-il ?? Tout en marchant, l’un des gars de la troupe avait expliqué, non sans avancer des définitions peu « définies » en elles-mêmes, et aussi peu vraisemblables pour quiconque qui eût vécu normalement au pays.

― C’est une bête toute grise avec des oreilles en pointe et une grande queue.

― Un peu comme un chat ? avait interrogé Rouvalet.

― C’est bien plus gros et p’is avec un drôl’ de museau.

Le garçon avait marqué un temps de silence, puis il avait ajouté :

― C’qu’est important chez lui, c’est surtout la queue.

Rouvalet n’en restait pas là :

― Et ça mange quoi cet animal ?

L’autre apparaissait embarrassé :

― De l’herb’ et p’is des racin’s de pissenlit qu’i déterr’ avec son museau et p’is ses patt’s.

― Des racines de pissenlits !?

― Oui, quoi, t’as déjà entendu dir’ qu’on mangeait des fois les pissenlits par la racine ?...

― Euh…oui. Bon alors, moi, je ferai quoi ?

― Tu verras, on t’expliquera ça sur place. Tiens, on est presqu’ arrivés ; c’est là-bas, près du bois, qu’on va s’poster. »

La troupe avait rejoint l’endroit présumé propice, puis l’on s’était, sans plus tarder, organisés. "

 

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" La forêt, de nuit, c’est très particulier. Un silence envoûtant règne en maître et nous impose le respect, jusqu’à ce qu’il soit provisoirement rompu par l’aboiement d’un chevreuil qui paraît tout près ou par le hululement d’une chouette. Il y a aussi Théophile qui claque des dents. J’avale ma salive avec un peu de difficulté.

~   Vas-y Boris, passe devant, tu as la lampe torche, toi, dis-je alors que le chemin se rétrécit et que les branches basses de quelques arbres viennent caresser nos têtes.

~   Euh !… O.K.

C’est un bon argument. Je m’en veux toutefois de ne pas faire preuve de plus de témérité, moi, l’homme des bois !

Nous avançons de plus en plus lentement, avec beaucoup de précaution. Cette prudence est-elle bien justifiée ou n’est-elle que le reflet de peurs irrationnelles ?

~   Les… les gars, commence Théophile.

Je me retourne. Mon compagnon s’est figé, il a l’air un peu vert, malgré la nuit.

~   Quoi ? Qu’y a-t-il ?

~   Y’a quelque chose qui bouge, juste là, articule-t-il péniblement tout en nous désignant le talus tapissé de feuilles mortes situé sur notre droite."

 

9791090415140 1 75 "- Zéphir ? Alors je ne rêvais pas ? Tu comprenais tous les mots que je prononçais ?

  - Oui, bien sûr... Pour les maîtres de ma mère, je suis encore un bébé mais, en réalité, ce n'est pas le cas... Il y a très longtemps que je te comprends, mais avant aujourd'hui, j'étais trop petit pour parler... Désormais je peux t'être très utile. Par contre, je ne peux pas encore venir chez toi. Je pense que les Legrand vont t'autoriser à m'emmener dans ta maison dans une quinzaine de jours. Nous ne sommes que le 14 juin, je n'ai qu'un mois et une semaine...

 - Oui, c'est sûr. Je crois qu'ils veulent que tu aies presque deux mois, que tu sois complètement autonome. Ils ont dit "sevré"...

 - Oui. C'est-à-dire que je ne dois plus du tout téter le lait de Biscotte. Je dois exclusivement me nourrir de ce que les Legrand donnent à ma mère: du lait en brique, des croquettes, des pâtés pour chat, des soupes... Tu vois ? Ce genre de choses, quoi !

 - Oui, je comprends... Et tu ne peux pas faire ça plus tôt ?

 - Non: n'oublie pas que je dois me comporter comme tous les autres chats, afin de ne pas éveiller de soupçons...    

 - Oui, c'est vrai. Tu as raison Zéphir...

 - De toute manière, les Legrand ne me laisseraient pas faire de peur que je sois malade. D'ailleurs, pour l'instant, ils mettent l'assiette de Biscotte en hauteur, sur l'évier du garage, afin d'être sûrs que ni mes sœurs, ni mes frères, ni moi n'en mangions. Ils vont commencer à nous en donner de toutes petites portions dans quelques jours.

 - D'accord, j'ai saisi.

 - Oui, mais moi aussi j'ai saisi ! Je sais que tu es inquiet, et que tu voudrais que je vienne t'aider au plus vite. Je sais que tu as peur de la réaction de Gwenaëlle.

 - Tu as raison, j'ai vraiment la trouille! "